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Un mois après : retour sur les États généraux

de Blanche Couronne du 18 septembre 2009

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Benoît de Sagazan

La table ronde organisée par la municipalité, l’après-midi du vendredi 18 septembre, sur le site de l’abbaye - et dont la plupart des participants ont salué la qualité de l’organisation et de la préparation - était animée par Benoît de Sagazan [1].


Elle s’est déroulée en deux temps :

  • le premier consacré à l’état des lieux ;
  • le second plus tourné vers la réflexion sur le projet à définir.

Sur l’état des lieux…

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Elizabeth Loir-Mongazon

Elizabeth Loir-Mongazon, responsable du Pôle Patrimoine du Conseil général, fait état des 60.000 € déjà versés par le conseil général depuis 1993 pour des travaux dans l’abbaye.

Luc Caudroy, conservateur régional de la DRAC-Pays de la Loire souligne qu’il s’agit d’une abbaye exceptionnelle, présentant un vrai « potentiel culturel », en face duquel « conserver c’est bien, mais insuffisant. Un projet culturel est nécessaire », et en tenant compte du fait que la "multipropriété" actuelle est devenue un problème.

H.Mallet, président des Compagnons de Blanche-Couronne, évoque l’action de l’association depuis 1975, exclusivement sous l’ancienne municipalité [2]. Le Lt. Desmars, du Service Départemental Incendie et Secours (SDIS), souligne que cette abbaye reçoit du public, et il énumère les règles de sécurité, conformément au texte du 25 juin 1980 concernant les EPR (établissements recevant du public). Pour Mr Leroux, du service des armées, malgré la proximité des réservoirs, il n’y a, à ce sujet, « pas de problème au niveau de la sécurité » .

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Pierre Prunet

Pierre. Prunet, architecte en chef des Monuments Historiques [3], rappelle les chiffres de l’étude de 1998 sur les travaux nécessaires qui étaient alors estimés à 5 Millions d’Euros, seulement pour le "clos" et le "couvert", sans même les finitions, ni les peintures intérieures. Une estimation réactualisée par lui, depuis ces États généraux de septembre, porte même cette somme à 8 Millions d’Euros [4] ! Pour lui, il faut donc impérativement sortir du coup par coup, l’heure étant venue d’« envisager autre chose : des travaux qui s’inscrivent dans une action pérenne ». Ce qui pose alors, bien évidemment, au-delà des travaux de sauvetage et de restauration des lieux, la question du contenu d’un projet véritablement porteur pour l’Abbaye.

Quel projet ?

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Jacques Dalibert

Après que Nathalie Flauraud, adjointe à la culture, ait exposé l’avant-projet de la nouvelle municipalité, Jacques Dalibert, maire et vice-président de la communauté de communes de Loire et Sillon, fait état des réflexions communautaires en cours visant à donner la priorité au patrimoine existant.

Identité estuarienne

Pour Mr. Tournaire, architecte des Bâtiments de France, responsable du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine, les bâtiments de l’abbaye sont «  rares en Loire Atlantique », et « la proximité de l’estuaire est un atout ».

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Cécilia Stephan

Cécilia Stephan, directrice de l’association Estuarium , estime également que « Blanche-Couronne pourrait être un haut-lieu de l’estuaire : il convient d’en valoriser son patrimoine », à partir d’un « tourisme de nature », par « une mise en synergie des sites ». Avec « la diffusion des connaissances sur les thèmes des marais » et « une animation sur la biodiversité du territoire ». Selon un représentant des métiers d’arts, la priorité est bien culturelle, en ajoutant qu’« un tel chantier, sur un monument historique, ce sont des emplois qualifiés pour des années ».

Positionnement des collectivités

Elizabeth Loir-Mongazon explique que le conseil général, peut « accompagner », certes sous la forme de « subvention pour la restauration », mais également par « l’assistance technique » apportée par des stagiaires et, enfin, à travers «  l’aide à la professionnalisation  » de l’animation des lieux. Pour Mme Mousset-Pinard, responsable du Pôle Patrimoine du Conseil régional, le projet « doit s’intégrer dans une politique plus large en matière de patrimoine ». Étant entendu que « la Région n’interviendra pas sur les questions de restauration ». Quant à « l’usage des lieux », il lui semble « difficile de dire comment la Région pourrait intervenir », en indiquant cependant que pour elle, « toutes les pistes doivent être étudiées ».

Urgences et programmation

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Luc Caudroy

Selon Mr. Caudroy, «  c’est un projet sur des années ». S’il y a « urgence sur les peintures », il faut également prendre en compte « des urgences sanitaires pour l’utilisation des lieux ». Il insiste : « nous pouvons dispenser conseil et aide », notamment « pour établir un planning prévisionnel », mais, avant toute chose, il faudra bien, dit-il « régler la question de la multipropriété ».

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Daniel Levasseur

Daniel Levasseur de la SAFER Maine Océan, évoque alors à ce propos « la nécessité de la maitrise foncière autour du site ». Il fait état de ses contacts avec la municipalité au sujet d’une convention pour l’établissement d’un « diagnostic foncier » dans le périmètre autour de l’abbaye, la SAFER étant compétente aussi bien pour le foncier bâti, que pour le foncier non-bâti.

Politiques locales

Pour A.Chauveau, président de la Communauté de Communes de Loire et Sillon, « la restauration de l’abbaye doit s’inscrire dans une politique – sans cependant faire référence à son contenu culturel - pour créer un produit touristique » tripolaire, incluant la Ducherais, l’Escuray et Blanche-Couronne,« en développant l’hôtellerie ».

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Marie-Odile Bouillé

M-O Bouillé, députée de la cisconscription, affirme être « tombée amoureuse de Blanche-Couronne ». Concernant le projet, selon elle, « il faudra faire des choix. Pour moi, il doit avant tout être culturel, par l’accueil des artistes et de la création contemporaine », dit-elle. Cependant, « les budgets publics n’étant pas en extension, il faudra rechercher des mécènes » estime-t-elle. J-C Le Gall, conseiller général - après avoir souligné l’action des Compagnons – répète, quant à lui, que « la maitrise foncière est indispensable ».

Quelle maitrise d’ouvrage ?

H.Mallet, des Compagnons, émet ce paradoxe :« nous devons rester humbles et ambitieux dans notre projet ». Pour lui « être pragmatiques », veut dire tout particuliérement : « trouver de l’argent auprès des mécènes ».

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Alain Tournaire

Pour Alain Tournaire, architecte des bâtiments de France [5], « si on veut sauver le bâtiment, il faut passer à un plan supérieur », sachant qu’il faudra alors y mettre tout «  l’argent nécessaire ». Avec cette précision : « nous ne pouvons plus assurer la maitrise d’œuvre, seulement le conseil ». Ce qui pose dès lors la question : quel maître d’œuvre pour un projet, quel qu’il soit ? Selon Mr Caudroy, de la DRAC, si la mairie doit évidemment « conserver des relations avec les Compagnons », il souligne cependant qu’ « une association ne peut pas tout », alors qu’aujourd’hui, effectivement, pour lui aussi, « il faut passer à la vitesse supérieure », ajoute-t-il.

Compte-rendu établi à partir des notes prises par Michel Judic

[1] Journaliste depuis plus de 20 ans, dont une dizaine d’années à Pèlerin, Benoît de Sagazan a la passion du patrimoine. Une passion nourrie par de nombreuses rencontres, enquêtes et reportages ainsi que par l’animation du concours "Un patrimoine pour demain", dont il est membre du Jury. Il est également membre du conseil d’administration de l’association des journalistes du patrimoine.

[2] Rappelons que, depuis mars 2008, il a pourtant eu le stage d’Adeline Dubosc, et la mise en place de la signalétique pérenne, certes envisagés depuis 2001 mais réalisés seulement en 2009 par la nouvelle municipalité

[3] Pierre Prunet, architecte en chef des monuments historiques, est né à Maurs dans le Cantal en 1926. Architecte, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1952, il devient architecte en chef des monuments historiques en 1956, et inspecteur général des monuments historiques. Il est chargé des Pyrénées, des Landes (1957-1964), du Lot (1962-1966), de la Sarthe, de la Mayenne, de la Loire-Atlantique (1964-1974), de Saint-Malo, de la Vendée (1974-1984), du Maine-et-Loire (1964-1992), de Paris (1978-1992) et de la cathédrale de Strasbourg (1982-1992). Parmi ses restaurations on peut citer : les cathédrales de Tarbes, Nantes et Saint-Malo, l’abbaye de l’Épau au Mans, les châteaux des Ducs de Bretagne à Nantes, de Châteaubriant, de Clisson, l’enceinte de Guérande.

[4] Une somme évidemment hors de portée d’un financement par le seul budget communal.

[5] Alain Tournaire, chef du Service départemental de l’architecture et du patrimoine de Loire-Atlantique

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