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La Chapelle-Launay veut faire revivre son abbaye

Sauvée de la ruine par des bénévoles, Blanche-Couronne a besoin d’une importante restauration. La commune veut prendre la main, avec un ambitieux projet de développement touristique et culturel.


Fini le bricolage. La nouvelle municipalité de La Chapelle-Launay, à côté de Savenay, entend reprendre la main sur le joyau de son patrimoine. L’abbaye de Blanche-Couronne a le rang de monument historique. Mais elle en a perdu le lustre, malgré l’investissement de l’association des Compagnons de Blanche-Couronne, qui ont permis d’éviter qu’elle tombe en ruines. L’état des charpentes interdit l’accès aux deux étages des bâtiments conventuels, les peintures murales intérieures se détériorent, une partie de la toiture provisoire est à changer… Ce chef-d’œuvre architectural présente la situation paradoxale d’être en péril tout en offrant un état de conservation qui permet de lui imaginer un avenir radieux.

Le jardin du cloître présente aussi un intérêt patrimonial. Des essences exotiques y ont été cultivées à une époque. On y trouve encore un houx de Chine à la taille exceptionnelle sous nos latitudes.

Un lieu de diffusion culturelle

«  Nous n’allons pas nous contenter de donner la clef aux Compagnons. Malgré leur mérite, leur énergie, ils n’arrivent pas à atteindre leur ambition. Par manque de moyens  », estime Jacques Dalibert, le maire de La Chapelle-Launay. Il égratigne au passage ses prédécesseurs, qui se contentaient selon lui d’agir «  au coup par coup, dans l’urgence. Ce qui manque, c’est un projet pour ce lieu.  » Dont la commission culture de la ville dessine déjà les grands axes. Et qu’elle souhaite affiner, «  en convergence avec l’association  ».

Elle ne manque pas d’idées pour faire vivre les vastes volumes de l’église abbatiale, des bâtiments conventuels, du jardin du cloître… L’urgence, c’est le sauvetage (évalué à 5,4 millions d’euros par la Drac en 1998). Mais parce qu’«  on ne restaure pas un lieu pour ne rien y faire, Blanche-Couronne doit devenir un lieu de développement économique par le tourisme et la culture.  »

Aujourd’hui, les Compagnons accueillent les visiteurs le dimanche après-midi. La commune veut l’inscrire dans les circuits au fil de l’estuaire de la Loire. Elle imagine aussi en faire une étape, avec hébergement, pour randonneurs ; un lieu d’accueil de séminaires d’entreprise.

Le volet le plus ambitieux du projet est culturel. La communauté de communes de Loire-et-Sillon ne dispose pas de lieu de diffusion ? Blanche-Couronne peut être celui-là. Comme elle peut accueillir les écoles d’art, des résidences d’artistes… «  L’abbaye doit vivre au quotidien, avec les habitants du territoire  », estime Nathalie Flauraud, l’adjointe à la culture.

Imbroglio foncier

Sur le papier, le projet est alléchant. Reste à le financer. Et déjà, à le chiffrer. Europe, État, Région, Département et mécènes privés seront sollicités. Mais le premier écueil tient dans un imbroglio foncier. Commune et association sont propriétaires chacune de la moitié des bâtiments. Six propriétaires se partagent les terrains agricoles qui l’entourent et seraient nécessaires à une exploitation du site. La ville vise une propriété unique.

Par ailleurs, les Compagnons, dont certains sont investis depuis plus de 30 ans, ont leur mot à dire. Leur président, Hervé Malet, rappelle : «  Nous ne sommes pas sans idée pour l’avenir de Blanche-Couronne.  » Il se refuse néanmoins à commenter le projet avant d’en avoir été informé par la mairie. Une réunion en ce sens est programmée mercredi 27 mai. La mairie annonce aussi des états généraux de Blanche-Couronne, le 18 septembre. Professionnels du patrimoine, élus, associations, acteurs économiques de la région sont invités au débat.

Didier BLIN. Ouest-France


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